que pensez de la castration chimique?

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que pensez de la castration chimique?

par sl » Mar Août 21, 2007 12:16 pm

bonjour je suis un peu choquée de la mesure prise en ce qui concerne la castration chimique des délinquants sexuels, n est ce pas la une atteinte a la dignité du corps humain ? ne va t on pas se rapprocher d une peine de mort a force d écouter les victimes faire le droit ( bien sur je ne suis pas sans coeur et je comprend la douleur des victimes ) et vous qu en pensez vous ?
 
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Re: que pensez de la castration chimique?

par Bibiou » Mar Août 21, 2007 12:42 pm

sl a écrit :bonjour je suis un peu choquée de la mesure prise en ce qui concerne la castration chimique des délinquants sexuels, n est ce pas la une atteinte a la dignité du corps humain ? ne va t on pas se rapprocher d une peine de mort a force d écouter les victimes faire le droit ( bien sur je ne suis pas sans coeur et je comprend la douleur des victimes ) et vous qu en pensez vous ?


C'est une véritable atteinte à la libertés individuelles et à la dignité, mais la sûreté (entendre la sécurité) n'est-elle pas le 1er des droit de l'homme sans laquelle les autres ne pourraient s'appliquer ?

C'est aussi une manière de voir les chose, et il faut savoir aussi que ce genre de chose existe déjà, notamment la castration d'office des malades mentaux... C'est tout un équilibre qu'il faut trouver et cela dépend beaucoup des choix politique du moment.

Je crois que tout le monde s'est rendu compte, que le gouvernement prends des mesures sur le coup de l'émotion (histoire des manèges, du pédophile...) ce que Pierre Mazeau, ancien président du CC dénone avec vigueur notamment à cause du manque de recul
 
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par camille.31 » Mer Août 22, 2007 7:25 am

ma réponse sera sûrement utopique mais je pense que le problème doit être pris à la base le manque de moyens dans le système carcéral ne fait qu'aggraver les choses. Tant que les délinquants sexuels ne seront pas soignés au niveau psychiatrique la castration chimique ne servira à rien. En effet, comment être sûr que ces personnes prendront bien leur traitement. Il est clair que l'opinion publique se réjouit des mesures de notre nouveau gouvernement, la victime est bien sûr très important mais que penser de ses personnes, malades qui ne peuvent resister à leur pulsions ... Ne vous méprennez pas je suis bien sûr choquée par cette nouvelle histoire qui fait " tâche" selon certain dans notre belle justice; cependant à quoi sert de mettre des peines si l'on considère que cette personne doit passer sa vie en prison, que faisons nous de ceux qui réussissent à s'en sortir. La récidive bien sûr on en parle mais ceux qui ne récidivent pas eux les médias et l'opinion s'en fiche.
 
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par hatshepsout » Dim Sep 30, 2007 1:37 pm

AH tient un beau sujet de grd O en perspective.
La castration chimique et les DLF !!

A la base j'étais assez choquée, moi aussi, par cette mesure.
Comme il a été dit plus haut, il évident que cette 'sanction' semble en contradiction avec plusieurs libertés fonda, notamment la libre disposition de son corps, le consentement au soin, pourquoi pas à la liberté sexuelle etc...
Maintenant il faut aussi voir dans quel but cette sanction serait appliquée : la protection de la sécurité public, et plus précisement la sécurité infantile, et la sécurité des femmes. Le viol, sur mineurs, majeur, homme ou femme, est un crime qui porte atteinte, à sa manière à la libre disposition du corps et sa liberté sexuelle.

Alors après il faut faire comme la CEDH, une étude de la proportionnalité.
Qu'est-ce qui prévaut ? pourquoi ? ds quelle mesure ?
On peut imaginer de cette façon une utilisation nuancée et ponctuelle de la castration qui pourrait être une alternative à l'enfermement à vie dans un hopital, comme l'a proposé récemment Sarko (euh notre président bien aimé).

Je pense aussi que nous, pauvres juristes, nous nous faisons beaucoup d'idée, vraies ou fausses, sur ce qu'est la castration chimique. Je crois que c'est aussi de la responsabilité des psychiatre, psycholoque et autres médecins. Je ne sais pas trop, je le concède, ce qui ce dit dans ces milieux. Quels sont vraiement les effets des médicaments etc ...

Bref c'est une question assez intéressante.
 
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par odusseus » Dim Sep 30, 2007 3:15 pm

Actualité quand tu nous tient! Encore une fois, les média aidés cette fois par le système mis en place "Alerte enfant disparu", ont mis en avant le problème de la récidive des pédophiles, ce qui a relancé le débat des mesures à adopter. Inspiré des mesures prises à l'étranger, la castration chimique ne laisse pas indifférent : pour certain il y a là une atteinte intolérable au droit de l'homme, pour d'autre seul la sécurité, en particulier celle des enfants, justifie une telle mesure (au grands maux, les grands remédes) .

Ne nous emportons pas par les termes "castration" et "chimique", qui dans l'opinion publique ont une connotation de gravité et d'irrémédiable. Il ya des degrés dans la castration, et celle dénommée "chimique" est la moins contraignante, de plus elle n'est pas définitive. il s'agit tout simplement d'une thérapie médicamenteuse.

De plus, la mise en place d'une telle solution laisse ouverte la conciliation entre "droit à la sûreté" et "droit à la dignité". il est possible que ce traitement soit une option offerte au délinquant sexuel : se traiter dés le commencement de sa peine et poursuivre le traitement sous contrôle judiciaire lui fera bénéficier d'une remise de peine adéquate, en cas de refus : la peine ne pourra être réduite. L' accord du délinquant a le mérite de rendre la mesure conforme à la dignité humaine et l'atteinte à l'intégrité physique est sauve ( il en irai autrement si la mesure était " forcé").


(...)
 
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par taxlaw » Mer Oct 03, 2007 12:45 pm

Au risque d'en choquer quelques uns, "la castration chimique" ne me choque pas outre mesure.

Toutes et tous vous parlez, et à juste propos, de ce que je nommerais "le droit du délinquant" mais je constate avec une certaine amertume que la victime n'est jamais citée.

Je m'adresse aux demoiselles du forum mettez vous dans l'optique qu'un malade (appellons un chat un chat) vous a violé, comment réagiriez vous? avec compassion? en cherchant à comprendre?



la psychatrie et donc la maladie psychatrique car la déviance au viol en est une, est tout sauf une science exacte.. alors vous pouvez essayer tout les traitements de la terre , il n'est pas obligé que cela marche pour tous les individus. La castration chimique joue sur la physiologie du malade et non sur sa psychée. C'est un peu comme si on vous coupait un tendon pour vous evitez un mouvenment de bras ou de jambe.

mais bon ce n'est que mon avis à moi et rien qu'a moi

taxman partisan de la loi du talion
j'aime pas la théorie mais j'aime la pratique!
 
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par Pierre-N » Mer Oct 03, 2007 1:08 pm

je constate avec une certaine amertume que la victime n'est jamais citée.

La victime dans le procès, et plus largement dans la chaine pénale, on a vu que ça commençais à être lourd, puisqu'on lui donne bcp, voire (pour certains) trop de droits. Castrer les délinquants sexuels, ça me choquerai pas non plus si je n'y voyais pas derrière la lente dérive vers la privatisation de la justice via la revendication victimaire tellement à la mode, et tellement révélatrice de l'exacerbation des intérêts individuels dont certains d'entre eux seraient trop contents de voir s'effondrer les principes de la justice républicaine et unitaire.
 
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par hatshepsout » Mer Oct 03, 2007 2:58 pm

Tout à fait d'accord avec Pierre-N.
La victimologie (je crois qu'invente un mot ... Ségo ...) primaire et ambiante c'est dernier temps est un peu mal saine.

Bien sur si j'étais victime, ou que quelq'un de mon entourage se trouve à cette place je tiendrais un discours différent ... Mais dans ce cas on est assez mal placé pour juger.
La justice se doit d'être neutre, sans partie pris. L'émotion n'a pas entrer dans le procès. (oui enfin les juges ne sont pas des hommes et femmes sans coeur, l'émotion joue forcément un peu sur la peine, mais le moins possible).
En théorie le procés pénal c'est un déliquant contre l'Etat. Pas le délinquant contre la victime !!! oui oui il faut faire des rappels. La victime n'est partie au procès uniquement en sa qualité de partie civile.

Enfin celà dit il faut bien des avis contradictoires, c'est ce qui fait avancer.
 
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par Pierre-N » Mer Oct 03, 2007 3:18 pm

La victime n'est partie au procès uniquement en sa qualité de partie civile.

Et comme le disait pas plus tard qu'hier J.Danet dans une intervention au CRFPA de Rennes sur la cour d'Assise: de toute façon, la victime, ou plutot le plaignant comme il conviendrait de l'appeler devrait aller voir en GB ou en Allemagne, si c'est mieux pour elle: Là bas, elle ne peut meme pas etre partie civil et n'a aucune place dans le procès.
 
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par taxlaw » Jeu Oct 04, 2007 9:30 am

la justice doit etre neutre, sans partie pris


moi j'aime bien cette citation, elle revele un certaine naiveté de la part de beaucoup de gens ou alors c'est moi qui voit tout en noir...

la justice est rendue au regard de loi ok?

sauf que les lois qui vous a dis qu'elles sont neutres?, toute rédaction implique un parti pris , la neutralité n'existe pas et ne peux exister car tout le monde à un avis , la loi n'est qu'une conciliation de ces avis..et n'est donc pas neutre

Alors de la à penser que la justice est neutre je rigole doucement..ce sont des hommes et des femmes qui rendent la justice au nom de la république et meme si je vous l'accorde ils ne doivent en aucun faire jouer leurs émotions dans les décisions, il y a toujours une part d'inconscient...

Mais bon , je vais pas pourrir l'ambiance c'est bien de croire en la neutralité de la justice ça arrange tout le monde intelectuellement dans la pratique c'est autre chose...

enfin moi ce que j'en dis...
j'aime pas la théorie mais j'aime la pratique!
 
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par Bibiou » Jeu Oct 04, 2007 10:03 am

Tu devrais dépassionner le débat... Prendre un peu de recul avec la question.

Il est tout a fait naturel pour une victime de vouloir la peau du coupable, moi même dans cet optique, je serais sans doute pour le rétablissement de la peine de mort.

Or voilà : la France pour éviter ce genre de dérapage a banni la vengeance privée, et la sanction ne peut passer que par un tribunal, lequel a bien plus de recul sur l'affaire (ainsi que les jurés en matière d'assise qui sont de simples citoyens comme toi et moi)
Or je crois qu'on peut leur faire le credit d'être impartial à ses pauvres jurés qui ont la dure mission de juger de l'avenir de quelqu'un
Par ailleur en matière pénal le débat se situe plus sur le fait que sur le droit, alors je ne vois pas ce que le législateur viens faire la dedans.

Enfin, le procès pénal n'est pas une thérapie. Il est évident que les sentiments de la victime soient pris en compte, mais lui laisser une trop grande place conduirait à d'inévitables dérives.

Le tribunal, doit, dans la mesure du possible prononcer une saction juste, et pour ce faire doit être à l'abri de toutes pressions, qu'elles proviennent de la victime, des médias, ou du politique.

C'est son rôle de trouver cet équilibre, car quelque soit la faute, l'accusé ne doit pas être accablé au delà de sa propre responsabilité sous peinde de tomber dans l'arbitraire.

L'avocat a dans cet optique un rôle fondamental, alors même que très souvent celui -ci est décrié pour vouloir "défendre un coupable", comme si celui ci cautionnait le geste que son client aurait pu avoir fait (sous reserve de la présomption d'innoncence)

La seule personne dans le procès pénal a avoir besoin d'un avocat, est bien l'accusé, ne serais ce que pour qu'il ne soit pas jeter en pature à une masse populaire (au 1er rang desquels la victime) prête à avoir sa peau.

Mais le sentiment de la victime reste humain et a sa place chacun d entre nous réagirait de la même façon. C'est donc au droit de fixer des limites, sans se laisser aller à l'émotion
 
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par rosy » Jeu Oct 04, 2007 10:26 am

ben moi je ne suis pas d'accord quand on dit que ces derniers temps on ne pense qu'à la victime. la procédure pénale a tendance à trop suivre l'actualité et l'opinion publique: l'année dernière on voulait protéger les mis en examen d'où la loi du 5 mars à cause de l'affaire d'outreau, ensuite avec les derniers faits divers on veut protéger la victime, c'est toujours comme ça!! je suis d'accord avec le fait qu'il faut arrêter de réagir aux émotions de la population et être plus rationnel.
pour celui qui disait "imaginez que vous vous faitez violer etc."
il faut savoir qu'une personne est victime d'agressions sexuelles 9 fois sur 10 par quelqu'un de son entourage, en général pas un prédateur/pédophile/malade qui ne constitue qu'une minorité des auteurs d'agression sexuelle. ce qui veut dire que l'homme qui abuse d'une femme est en général le psychiatriquement parlant "normal". donc en tant que femme, je ne crois pas que la castration s'adresse à nous potentielles victimes dans le but de nous protéger, et heureusement...je n'aimerais pas que chaque loi pénale aussi grave de conséquence soit élaborée pour calmer nos peurs. ce serait la porte ouverte à trop de dérives.
j'aimerais croire que cela protégera la société des violences faites aux femmes et aux enfants, mais ça ne changera pas bcp de choses, surtout les attouchements très traumatisants ne seront pas empêchés, le vrai malade sexuel est une façade pour calmer l'opinion. c'est comme faire croire que le delinquant est l'étranger, et donc qu'il faut s'en débarrasser. alors que les délits et crimes les plus lourds sont commis par des français. en %, les étrangers commettent surtout des infractions à la législation des ...étrangers.
 
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par Bibiou » Jeu Oct 04, 2007 10:57 am

La castration chimique est un terme qui fait peur : il faut savoir ce qu'il recouvre. Ce n'est pas un processus immuable et l'individu peut retrouver ses capacités sexuelles en arrêtant le traitement. C'est un produit médicamenteux qui agit sur les hormones, mais il reste néammoins liberticides. Il doit reposer sur un projet de réinsertion et sur le volontariat à mon sens.

Il faut savoir que le plus fort taux de récidive se trouve chez les déliquants sexuelles, la plupart du temps parceque cela relève bien plus d'une pathologie, qu'il faut traiter si l'individu est d'accord (un traitement imposé n'est jamais une solution on en a l'illustration en matière d'alcool ou de stupéfiant)
 
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par lalie » Jeu Oct 04, 2007 3:27 pm

Bibiou a écrit : Il doit reposer sur un projet de réinsertion et sur le volontariat à mon sens


C'est marrant mais je pense comme toi que c'est une pathologie etc mais j'en tire des csquces complètement opposées !

C'est un peu comme un drogué tu as raison ; et un drogué il va promettre 10000 fois de se soigner, et puis finalement c'est si difficile (le manque, la souffrance que ça entraîne, la perte totale de tte lucidité par rapport à ce qu'il faut faire ou pas) que s'il peut arrêter ses medocs et reprendre sa drogue, il le fait.

On ne peut pas raisonner comme avec des gens sans pb, qui savent ce qui est bien ou pas, un malade de ce genre lui n'est souvent pas en mesure de décider ce qui est bien pour lui.

Je ne crois pas que leur imposer un traitement soit liberticide, au contraire, c'est redonner un peu de raison à qqun qui à un moment donné n'est plus en mesure d'en faire preuve ; une fois l'étape passée, que ca commence à aller mieux, évidemment il devra user de tte sa volonté et de son bon vouloir pour ne pas se laisser retromber, mais au moins on lui aura sorti la tête de l'eau, de force certes, mais je pense que c'est un devoir.
 
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par Bibiou » Ven Oct 05, 2007 6:53 am

A la différence près qu'en l'espèce on touche au capacités sexuelle d'une personnes, ce n'est pas un soin (rien a voir avec une dépendance à la drogue ou alcool et la cure qui va avec)
Toucher à la personnalité, a ce qui fait l'essence même de l'homme ne peut pas se faire arbitrairement.
On pourrait fortement les inciter : notamment en mettant en balance ce soin la, qui en réalité n'est pas un soin contrairement à la désintox, et de longues années de prison.

Je crois que les délinquants sexuels reste des gens lucides, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle ils peuvent être jugés, et sont reconnus responsable (contrairement aux démens)
Dans cette optique la ils feront très vite le calcul : c'est soit la taule, soit un traitement visant à les rendre moins sujet à la tentation

De toute manière qu'on les prive de liberté et de désir sexuel la sanction reste lourde
 
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